[Décembre 1920] Elections générales hongroises

Aller en bas

[Décembre 1920] Elections générales hongroises

Message par Alaminsk le Sam 28 Avr 2018 - 13:23


Histoire :

- La nouvelle Hongrie, détachée totalement de ses anciens partenaires séculaires dans les faits en 1918, devient une nation indépendante qui doit se réformer politiquement pour pouvoir assurer sa stabilité. Mais déjà au mois de décembre, s'appuyant sur les volontés du peuple hongrois d'assurer les terres que celui-ci estime hongroises, Béla Kun déclara la guerre à la Tchécoslovaquie dans la première semaine suivant son élection, ne tolérant pas les nouvelles indépendances et souhaitant propager le socialisme : principal dirigeant de l'éphémère République des conseils de Hongrie, le premier gouvernement d'inspiration communiste apparu en Europe après celui de la Russie soviétique, Béla Kun subit la fureur d'une coalition internationale rassemblant les voisins, ainsi que la France, qui le bat au bout de quelques mois. Ces événements ont poussé les puissances victorieuses de la Grande Guerre négociant à Trianon en décembre 1919 à évoquer les élections générales hongroises : le traité n'empêche en rien les formations politiques battues, communistes comme monarchistes habsbourgeois, de se présenter. Tous ainsi s'attèlent à faire campagne en cette année 1920 pour les élections générales, dont sera issue une assemblée constituante au mois de décembre. Le texte de Trianon ne limite en rien le mode d'organisation de la Hongrie, même si l'influence de la force d'occupation internationale joue beaucoup.

- En effet, la Hongrie est occupée jusqu'aux résultats de ces élections par une force internationale dirigée par la Société des Nations et commandée par le général français Louis Franchet d'Espèrey. Son rôle est de garantir la paix en Hongrie et la bonne tenue des procédures démocratiques. Elle est composée de 15 000 français, 10 000 serbes, 10 000 roumains et 5 000 tchécoslovaques, ainsi que d'un contingent supplémentaire ne pouvant dépasser 40 000 hommes au total composé des autres puissances victorieuses de la Grande Guerre souhaitant participer, chaque participation ne pouvant excéder 5 000 hommes. Les forces françaises, serbes et roumaines ont transmis dans ce cadre leurs occupations respectives à la force internationale.

Fonctionnement :

- L'administration simulera les résultats des élections hongroises à la date prévue, à moins qu'elle soit repoussée par des événements en jeu.
avatar
Alaminsk
Administrateur
Administrateur

Messages : 2702
Date d'inscription : 17/09/2011
Age : 21
Localisation : Paris, France.

Revenir en haut Aller en bas

Re: [Décembre 1920] Elections générales hongroises

Message par Alaminsk le Sam 12 Mai 2018 - 19:14

[Elections générales hongroises] :

D'après le traité de Trianon signé en décembre 1919, la force internationale de la Société des Nations occupant la Hongrie devait organiser et surveiller les élections générales (devant se tenir en décembre 1920 après plus d'une année d'occupation militaire). Ces élections eurent lieu et même si les principes démocratiques furent globalement respectés lors des suffrages, la présence des troupes étrangères influa grandement le vote : ce dernier concernait l'élection d'une assemblée constituante au suffrage universel proportionnel. En effet, le traité n'interdisait pas de formations politiques particulières de se présenter, mais dans les faits la force d'occupation empêcha tout parti issu de la gauche radicale ou soutenant les Habsbourg de faire véritablement campagne. Le parti communiste et son allié révolutionnaire le parti social-démocrate furent donc empêchés de se présenter, tout comme les mouvements habsbourgeois. Sous la surveillance du commandement de la Société des Nations et du régent Miklós Horthy, réel détenteur du pouvoir car ayant la direction des forces armées hongroises, quatre groupes firent campagne :

- Le parti des paysans et des petits propriétaires : dirigé par István Szabó de Nagyatád, grande figure de la bureaucratie et porté par les paysans. Amplement soutenu par les classes moyenne et pauvre, les campagnes, les syndicats et les minorités (notamment juive), c'est une formation conservatrice et agrarienne opposée à un retour des Habsbourg mais aspirant à une monarchie parlementaire autoritaire. Elle est acceptée par les forces internationales et elle soutient avec vigueur le régent Horthy. Ce parti est bien entendu anti-bolchévique et souhaite revenir sur le traité de Trianon par l'ouverture d'un dialogue avec les voisins.

- Le parti de l'union chrétienne-nationale : dirigé par István Friedrich, ardant opposant au bolchévisme mais aussi à Miklós Horthy qui est vu comme un faux remplaçant de la monarchie. Conservateur voire réactionnaire, ce parti est très soutenu par la bourgeoisie catholique, les éléments absolutistes, les fonctionnaires, les entrepreneurs et les intellectuels. Nationaliste et violemment antisémite (les Juifs constituant un peu plus de 6% de la population mais étant surreprésentés dans toutes les hautes sphères), cette formation veut le retour d'un vrai roi sur le trône, un hongrois de préférence ; elle veut aussi revenir sur Trianon, d'abord par la négociation et s'il le faut par les armes.

- Le parti national-démocrate : dirigé par Gábor Ugron, figure transylvanienne attachée aux principes démocrates. C'est la seule formation profondément libérale et anti-bolchévique, même si certains libéraux forment une aile minoritaire au sein du PPPP. Ses partisans soutiennent une démocratie hongroise, qu'elle passe par une monarchie constitutionnelle ou la République : ils viennent principalement des élites économiques issues de Transylvanie et appartenant au réseau clientéliste de Gábor Ugron. Cette formation est la moins encline à revenir sur Trianon, préférant se concentrer sur la réorganisation interne du pays.

- Le parti chrétien-social : dirigé par István Haller, journaliste proche des idées socialistes sans être révolutionnaire. C'est le dernier reliquat de l'aile gauche en Hongrie, le désastre de l'expérience soviétique ayant profondément atténué l'influence des idées marxistes dans la région. Ce parti se différencie de ses opposants car il est le seul à ne pas être libéral économiquement et à soutenir l'intervention de l’État : il est toutefois anti-monarchiste, tout en étant proche des cercles catholiques progressistes. Partisan de la démocratie et abritant certaines cellules communistes et sociales-démocrates, ce mouvement n'a pas de position claire sur le traité de Trianon.

Suite aux élections, la répartition des 203 sièges est la suivante (majorité à 102 représentants) :

- PPPP : 102 sièges
- PUCN : 92 sièges
- PND : 6 sièges
- PSC : 3 sièges

Ainsi, ce sont les conservateurs, monarchistes et anti-Trianon qui dominent en masse l'assemblée constituante hongroise. Le régent Horthy est majoritairement soutenu par le Parlement et reste le maître incontesté du pays (dirigeant les forces armées nationales) : l'opposition du PUCN qui souhaite son remplacement par un prince hongrois devra œuvrer avec délicatesse pour éviter un coup d’État militaire. Les démocrates et les socialistes sont balayés, István Szabó de Nagyatád prenant sûrement le poste de Premier ministre. Il devra s'atteler alors à la rédaction d'une nouvelle constitution pour le Royaume, d'une proposition de vaste réforme agraire et demander le départ de la force internationale d'occupation, comme le veut le traité : ce dernier doit être révisé pour une majorité extrême des électeurs, mais cela risque d'être impossible (à moins que les volontés bellicistes du PUCN deviennent majoritaires).
avatar
Alaminsk
Administrateur
Administrateur

Messages : 2702
Date d'inscription : 17/09/2011
Age : 21
Localisation : Paris, France.

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum