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Message par Sirda le Ven 8 Juin 2018 - 11:35


Reino de España

« Imperio en el que nunca se pone el sol »




Marcha Granadera





Carte


Spoiler:


Informations générales


Informations principales

Nom : Reino de España
Nombre d'habitants : 10'268’110 habitants en métropole, ~ 13 millions d’habitants dans les colonies
Superficie totale : 492'175 km² en métropole ; ~
Religion officielle : Catholicisme romain
Langues officielles : Castillan, catalan, latin
Capitale : Madrid
Monnaie : Réal

Description

................L'Espagne en tant que pays est née de l'union dynastique au XVe siècle de deux États souverains, les Couronnes de Castille et d'Aragon - elles-mêmes construites tout au long du Moyen Âge par l'union ou la conquête d'entités politiques, culturelles et linguistiques initialement distinctes. En effet, au XVIème siècle, la péninsule ibérique est divisée en plusieurs petits royaumes chrétiens ou musulmans. Un processus d'unification s'est amorcé aux siècles suivants et a accompagné la Reconquista vers le sud. En 1137, l'Aragon et la Catalogne s'unissent. En 1230, c'est le tour de la Castille et du León. L'Aragon mène une politique extérieure dynamique en prenant possession du sud de l'Italie : en 1282, les émeutes appelées Vêpres siciliennes, provoquèrent la conquête de la Sicile par Pierre III d'Aragon. La Sardaigne passe sous domination de l'Aragon en 1325. En 1442, Alphonse V d'Aragon conquiert le « royaume de Naples » qu'il lègue cependant à son fils illégitime, le faisant ainsi sortir temporairement de la domination aragonaise. Le mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand II d'Aragon en 1469 est une date charnière pour l'union entre les couronnes de Castille et d'Aragon. Qualifiés de « rois catholiques » par le pape, le couple royal gouverne ensemble les deux couronnes, met en place l'Inquisition espagnole (1478-1480), chasse les Juifs et les Maures d'Espagne et réduit l'influence des grands féodaux. Ils achèvent également la Reconquista en conquérant le Royaume de Grenade en 1492. En 1493, le pape Alexandre VI promulgue la bulle Inter Caetera qui partage les terres du Nouveau Monde entre l'Espagne et le Portugal. La limite est fixée 100 lieues à l'ouest du Cap-Vert, les terres situées à l'Est de cette ligne (Afrique comprise) étant attribuées au Portugal, les autres à l'Espagne. Cette limite est modifiée le 7 juin 1494, lorsque l'Espagne et le Portugal signent le traité de Tordesillas, approuvé par Alexandre VI, par lequel ces deux puissances déplacent la ligne de partage à 370 lieues à l'ouest du Cap-Vert. En 1497, les Espagnols prennent Melilla sur la côte nord africaine. Ce sera le début d'une série d'implantations de présides, parmi lesquelles figure également la prise d'Oran en 1509. En 1515, le royaume de Navarre vient s'ajouter aux possessions de la couronne. Cet ensemble devient un État unitaire en 1715-1716 par la dissolution des deux Couronnes en application des décrets de Nueva Planta. La Monarchie catholique espagnole, qui possède alors un immense empire colonial, est, du XVe siècle au début du XVIIe siècle, une grande puissance politique et économique. Elle connaît notamment un important rayonnement culturel dans toute l'Europe durant le Siècle d'or espagnol.

................La puissance de l'Espagne déclina progressivement non seulement en raison des guerres coûteuses qu'elle mena et des révoltes qui éclatèrent, mais également du fait d'une économie artificiellement prospère due aux richesses tirées du Nouveau Monde. En 1700, à la suite de la mort sans héritier mâle du dernier souverain Habsbourg, le petit-fils de Louis XIV, dont la première épouse était une infante espagnole, devint roi d'Espagne sous le nom de Philippe V (roi d'Espagne), et fonda la dynastie des Bourbons d'Espagne, liés par le pacte de famille aux Bourbons de France. En 1755, c'est le tremblement de terre de Lisbonne. Les ports de Cadix, Séville et La Corogne sont presque entièrement détruits. L'Espagne perd sa flotte militaire et marchande, et surtout son aura de pays indestructible, conquérant et gendarme du monde. La conséquence économique sera dramatique, le commerce avec les Amériques se déroutant vers les ports anglais, allemands, hollandais ou belges. Ce qui impliquera, aussi, une ingérence de ces mêmes pays dans les affaires latino-américaines. Au XVIIIe siècle, l'Espagne perd de son influence tant en Europe qu'outre-mer. Les principales causes de ce déclin sont une crise économique qui touche en particulier les colonies espagnoles, le relatif isolement de l'Espagne et la rivalité avec la Grande-Bretagne. La tentative de Philippe V de reprendre une partie de l'Italie déclenche la guerre de 1718-1720, qui voit la défaite de l'Espagne qui, dès lors, réduit ses ambitions. Les Bourbons, en particulier Charles III d'Espagne souhaitent régner en despotes éclairés : les Jésuites sont expulsés en 1767, les écoles sont sécularisées mais une éducation raciste (Noirs, Indiens) y règne. L'activité de Pedro Pablo Abarca de Bolea, Comte d'Aranda et président du conseil de Castille de 1766 à 1773, date à laquelle il est nommé ambassadeur en France, est alors décisive. L'Inquisition reste cependant puissante et ne sera abolie que plus tard, sous le régime napoléonien. La philosophie des Lumières ne touche qu'une petite partie des élites espagnoles. Un décret de 1773 incite les nobles à s'investir dans les activités productives plutôt que dans les dépenses somptuaires. Selon l'entente tacite du pacte de Famille, l'Espagne est solidaire de la France au moment de la guerre de Sept Ans. Le traité de Paris du 10 février 1763 met fin à ce conflit à la suite duquel l'Espagne perd la Floride mais récupère la Louisiane française. En 1776, l'Espagne s'engage aux côtés de la France et des insurgés américains dans la guerre d'indépendance des États-Unis. Cette participation lui permet de reprendre d'importants territoires en Amérique du Nord et notamment la Floride, mais également Minorque dans les îles Baléares.


Politique


Description

................Longtemps simple union entre différentes principautés ibériques, l’Espagne est devenue, avec l’avènement de Philippe V au début du XVIIIème siècle, un Etat unitaire et centralisé. En effet, entre 1707 et 1716, le Bourbon adopta une série de trois décrets, appelés Décrets de Nueva Planta, réformant ainsi en profondeur le pays. Des trois décrets, le premier est le décret de Nueva Planta proprement dit. Pris le 29 juin 1707, il ne concerne que le royaume d'Aragon et celui de Valence. Les deux autres décrets sont celui du 28 novembre 1715, concernant le royaume de Majorque, et celui du 16 janvier 1716, concernant la principauté de Catalogne. Ils ont été promulgués par Philippe V, après sa victoire dans la Guerre de Succession d'Espagne sur l'archiduc Charles, prétendant de la Maison d'Autriche. Ils imposent l'organisation politico-administrative de Castille aux territoires de l'antique couronne d'Aragon. Les réformes engagées par les décrets furent largement inspirées par le modèle d'État centralisé de la France, dont était originaire le nouveau roi, et représentèrent un changement radical par rapport au système précédemment mis en place par la Maison d'Autriche. Ils marquent une étape fondamentale dans l'élaboration d'un esprit national, notamment par l'imposition du castillan comme langue exclusive dans l'administration et le gouvernement, et la modernisation de l'appareil d'État espagnol. Ces décrets mis en œuvre, le royaume d’Aragon fut juridiquement et structuralement unifié à celui de Castille. Cela provoqua la disparition des anciens royaumes et la naissance des provinces dans la Péninsule et la généralisation et la réorganisation interne des vice-royaumes, gouvernements et capitaineries générales en Amérique ; l’unification du gouvernement et des finances du Royaume. De même, Conseil de Castille finit par assumer toutes les tâches de gouvernement et, avec le temps, il fut à l'origine du conseil des secrétaires. Le reste des conseils va réduire leur travail sur les aspects judiciaires et on lui enlève les attributions de gouvernement au bénéfice des secrétariats d'État. Egalement, il y eût création de nouvelles Cortes espagnoles, suivant le modèle représentatif de la Castille, auxquelles s'ajoutent comme représentants minoritaires ceux d'Aragon, de Valence, de la Catalogne et de Majorque. Les Décrets de Nueva Planta impliquèrent également l'application d'un seul droit commun pour tous les sujets, avec l'annulation incontournable des usages et coutumes et de droits particuliers – chaque fois qu'ils entrent en conflit avec la législation commune – et l'unification des procédures par l'usage du castillan ainsi que l'application d'une seule langue administrative : le castillan.


Sa Majesté très catholique le roi d’Espagne Charles III



Le Secrétaire d’Etat, José Moñino y Redondo, Conde de Floridablanca



Économie


Description de l'économie

................L’Espagne est en proie à un fort déclin économique depuis près d’un siècle, cela après une vaste période de prospérité économique surnommée le Siècle d’Or espagnol. Gaspar de Guzmán, comte d'Olivares, favori et premier ministre de Philippe IV entreprit d'importantes réformes comme la lutte contre la corruption et l'inflation, la centralisation de l'administration et le soutien au mercantilisme. Malgré tout, il ne peut empêcher le pays de décliner et ne peut éviter la banqueroute de 1627. Les guerres s’enchaînent ensuite tout au long du XVIIème siècle et à la mort du roi débile Charles II, le pays est ravagé par la guerre de Succession d’Espagne qui vit la dynastie des Bourbons hériter du trône espagnol. Toutefois, au XVIIIe siècle, l'Espagne perd de son influence tant en Europe qu'outre-mer. Les principales causes de ce déclin sont une crise économique qui touche en particulier les colonies espagnoles, le relatif isolement de l'Espagne et la rivalité avec la Grande-Bretagne. Après les premières réformes des Bourbons, Charles III entreprend de véritablement libéraliser le pays, fortement influencé par les idées des Lumières. Influencés par les physiocrates, le roi et ses ministres se montrent particulièrement actifs dans le développement de l'agriculture : dans son Tratado de la Regalía de la Amortización, Campomanes en souligne l'importance afin de garantir le bien-être de l'État et de la population. Il défend une redistribution plus équitable des terres, une réforme des contrats agricoles, l'abolition de la lourde mesta, l'association des éleveurs et la transformation de nombreuses terres de pâturage en terres agricoles. Ces idées sont défendues par les Sociedades Económicas de Amigos del País, précurseurs des chambres de commerce actuelles, soutenues par le ministre José de Gálvez. Campomanes élabore un décret visant à repeupler l'Andalousie et les zones de la sierra Morena, des terres mal exploitées en proie à la noblesse et au banditisme. À cette fin, les catholiques flamands et allemands ainsi que les Espagnols sans emploi sont convaincus de s'y installer, ce qui contribue au développement de la région. Durant le règne sont également réalisés les premiers recensements par le comte Floridablanca — ces recensements permettent d'ailleurs de perfectionner les résultats du cadastre de Ensenada, établi en 1749. Pour remédier à la pénurie démographique, des aides sont créées pour les familles nombreuses. Charles III s'efforce d'améliorer l'efficacité de l'économie. Dans le domaine monétaire, il unifie les monnaies en 1772 et crée la banque de San Carlos en 1782. Dans le domaine fiscal, il réduit les taxes de douane. Il lance également une réforme fiscale qui touche les privilèges fiscaux du clergé et de la noblesse avec l'introduction d'un impôt sur le revenu et d'un impôt foncier, grâce à la mise en œuvre du cadastre, dont la réalisation est très semblable à celui de Naples. Dans le domaine industriel, il développe un ambitieux projet, basé sur le textile et la mécanique. Il crée ou soutient des manufactures de luxe : porcelaine à la Fabrique royale de porcelaine du Buen Retiro en 1760, cristal à la Fabrique royale de cristal de la Granja, orfèvrerie à la Real Fábrica de Platería Martínez en 1778. Certaines régions, telles que les Asturies et la Catalogne s'industrialisent rapidement, et les exportations de laine brute sont fortement réduites au profit des tissus travaillés. Enfin, Charles III relance le commerce colonial, en formant de nouvelles compagnies, comme la Compagnie royale des Philippines en 1785, puis il rend libre le commerce avec l'Amérique en 1778.

Recettes fiscales : 100 millions de réaux
Recettes commerciales : 150 millions de réaux
Trésor royal : 250 millions de réaux


Forces armées espagnoles


................

Actifs :

Ejército Réal


Effectifs : 150'000 soldats en Espagne ; 30'000 soldats dans les colonies


Armada Española

Composition :
- 64 navires lourds
- 70 navires légers
- 40 navires de transport

Relations extérieures


................La guerre de succession d’Espagne a fondamentalement changé les relations internationales qu’entretenait jusqu’alors l’Espagne. En effet, Madrid, alors possédée par les Habsbourg, était quasiment toujours alliée avec le Saint-Empire Romain Germanique, lui aussi possession Habsbourg, et luttait principalement contre la France et la Grande-Bretagne. Toutefois, l’instauration de la dynastie Bourbonne française sur le trône espagnol a entraîné très logiquement la signature du Pacte de famille entre les deux pays, entraînant dès lors l’Espagne dans la guerre de Sept Ans aux côtés de Paris, mais également dans la guerre d’indépendance américaine. Par la même occasion, Madrid se retrouve désormais face aux Habsbourg et à leurs prétentions sur la péninsule italienne, longtemps dominée par les Habsbourg d’Espagne, notamment avec les royaumes de Naples et de Sicile, qui furent des possessions de l’actuel roi Charles III et sont désormais gouvernés par son fils, Ferdinand IV, lequel semble s’être rallié au parti autrichien plutôt qu’au parti espagnol, entraînant des tensions entre les deux parents.

Très bonnes relations : Etats-Unis d’Amérique, Royaume de France,
Bonnes relations : Royaume du Portugal
Relations neutres : Royaume de Naples & de Sicile
Mauvaises relations : Dynastie Habsbourg, Empire Ottoman
Très mauvaises relations : Grande-Bretagne



Dernière édition par Sirda le Jeu 14 Juin 2018 - 11:51, édité 2 fois
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Message par Jhe le Lun 11 Juin 2018 - 21:04

Validé

Budget : 250 millions de livres

Revenu fiscal : 100 millions de livres

Revenu commercial : 150 millions de livres

Service de la dette annuel : 75 millions de livres (50 en 1787)

Forces armées  :

150.000 hommes et 30.000 dans les troupes coloniales
64 navires lourds, 70 navires légers, 40 navires de transport
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Message par Sirda le Ven 15 Juin 2018 - 20:13

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Message par Sirda le Ven 15 Juin 2018 - 20:13

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Message par Sirda le Ven 15 Juin 2018 - 20:14


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Affaires générales


................La connaissance de sa population est une chose fondamentale pour tout souverain souhaitant administrer le plus efficacement ses terres, fût-ce pour accomplir cette noble quête du bien commun, ou plus égoïstement en tirer le plus de profits tout en minimisant les risques de troubles internes. Ainsi, dès 1749, Zenón de Somodevilla, marquis de la Ensenada, principal ministre de Charles III, avait procédé à une vaste enquête sur l’ensemble du royaume afin de connaître, certes assez approximativement – mais de manière assez fidèle tout de même – la composition de la société espagnole, et l’importance démographique mais également économique des trois ordres, enquête connue sous le nom de Cadastre d'Ensenada. Le temps faisant, la société espagnole évolua, mais nulle enquête similaire ne fut ordonnée, cela jusqu’en 1785, année pendant laquelle le très catholique Charles III chargea son principal ministre actuel, José Moñino y Redondo, comte de Floridablanca, de réaliser un nouveau recensement intégral de la population espagnole, mandant par ailleurs son administration de procéder à un tel recensement tous les cinq ans à compter du 1er janvier 1785. En ce début d’année 1787, ledit comte apporta donc le fruit de ses deux années de travail au roi. Selon ce recensement, il y a exactement 10'268'150 habitants en Espagne, c’est-à-dire dans les territoires de la couronne en péninsule ibérique ainsi que dans les archipels des Baléares et les Canaries, une population cependant inégalement répartie avec certaines zones de peuplement majeures telles que Madrid, le littoral catalan et asturien ou encore à Cadiz, et des régions entières quasiment inhabitées comme en Andalousie ou dans le sud de la Castille, mais aussi dans les régions catalanes intérieures. D’abord, le tiers Etat est numériquement l’ordre le plus important d’Espagne, avec près de 2'677'809 espagnols affilés à cet ordre, et notamment 964'571 journaliers, travailleurs extrêmement précaires qui constituent la majeure partie – avec leur femme et enfants – de la population pauvre du royaume, ou encore plus de 907'000 agriculteurs, mais également 270'989 artisans. Ensuite, le deuxième ordre est la noblesse, composée de 480'589 personnes – soit grosso modo près de 4% de la population en Espagne, qui accapare une partie non-négligeable de la richesse grâce à ses différents privilèges. Enfin, le dernier ordre par taille est le clergé, lequel correspond à environ 2% de la population, composé de prêtres – près de 15'000 personnes en Espagne –, d’auxiliaires, d’inquisiteurs, d’abbés et de moines, etc. Cette faible importance numérique est à relativiser puisque le clergé détient plus de 15% des terres labourables du pays et perçoit un dixième de ses revenus.

................Désormais convenablement informé de la situation démographique et économique de son pays, Charles III de Bourbon poursuit ses réformes majeures tendant à promouvoir le développement de l’agriculture et de l’industrie dans son Etat. Le roi reprend les principales thèses développées par les Sociedades Económicas de Amigos del País, notamment portées par José Bernardo de Gálvez y Gallardo, marquis de Sonora, membre du Conseil général du commerce, de la monnaie et des mines, gouverneur du Conseil des Indes et conseiller d'État ; elles-mêmes fortement influencées par les théories des physiocrates français selon lesquelles l’agriculture est au fondement de tout économie pérenne et dont le développement garantir le bien-être de l’Etat et de la population. Plus en détails, les physiocrates considèrent que la richesse d'un pays consiste en la richesse de tous ses habitants et non pas seulement en celle de l'État. Cette richesse est formée de tous les biens qui satisfont un besoin et non de métaux précieux qu'il faudrait thésauriser. La richesse doit être produite par le travail. Pour les physiocrates, la seule activité réellement productive est l'agriculture. La terre multiplie les biens : une graine semée produit plusieurs graines. Finalement, la terre laisse un produit net ou surplus. L'industrie et le commerce sont considérés comme des activités stériles car elles se contentent de transformer les matières premières produites par l'agriculture – bien qu’ils ne s’opposent pas directement à ces activités. Pedro Rodríguez de Campomanes, ministre et auteur du Tratado de la Regalía de la Amortización, met dès lors en place une politique de soutien à l’agriculture en promouvant une meilleure redistribution des terres agricoles, visant particulièrement l’Eglise qu’il souhaite inféoder au pouvoir temporel, en limitant désormais à 10% la part de terres arables pouvant être détenue par des abbayes, congrégations, ordres religieux – ou plus généralement par le clergé. Les terres détenues en trop sont ainsi rachetées à moitié prix par l’Etat pour être ensuite vendues à bas prix – mais sous conditions permettant à la couronne de rentabiliser l’opération – à des agriculteurs mais surtout à des journaliers afin de favoriser l’essor de l’agriculture. Dans le même décret royal, le gouvernement décide d’abolir définitivement la Mesta, sorte d’association d’éleveurs qui entrave lourdement la liberté des professionnels, tandis que des bourses sont spécialement instituées pour toute personne qui souhaiterait convertir ses pâturages en terres agricoles. Ledit décret prévoit également la possibilité de saisir et d’attribuer toute terre agricole non-exploitée à des paysans si besoin est et sans compensation afin d’encourager l’agriculture.


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Message par Sirda le Sam 16 Juin 2018 - 18:48


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Affaires extérieures


................Depuis plusieurs années, les relations entre Madrid et Naples sont des plus froides. Le lien de parenté unissant d’une part Charles III et d’autre part Ferdinand Ier nonobstant – le premier étant père du second et lui ayant donné ses royaumes de Naples et de Sicile lors de son accession sur le trône d’Espagne en 1759 –, les deux monarques ont respectivement pris leurs distances l’un de l’autre à cause de la reine de Naples et de Sicile, Marie-Caroline d'Autriche, qui exerce une influence non-négligeable sur son royal époux. En effet, Ferdinand Ier, outre sa laideur notoire, est également réputé pour être un souverain très effacé, d’une faiblesse politique telle qu’il était incapable de diriger par lui-même, et comble de la médiocrité, il était bas du front. A côté de lui, sa femme apparaît comme une personne ambitieuse, brillante et impétueuse, et appartenance à la famille des Habsbourg oblige, soutient le parti autrichien. Ainsi, avec le premier ministre du royaume, l’anglais John Francis Edward Acton, elle met en œuvre depuis plusieurs années une politique diplomatique visant à séparer le plus possible les royaumes de Naples et de Sicile de l’Espagne et de la France, cela au profit du Royaume-Uni et des Habsbourg, ce qui n’est évidemment ni du goût de Madrid, ni de celui de Paris. A ce duo maléfique aux yeux de Charles III vient s’ajouter Sir William Hamilton, ambassadeur anglais à Naples, qui influence John Francis Edward Acton dans la politique devant être mise en œuvre par le royaume réunissant les deux Sicile historiques. Le poids politique exercé par ces tristes sires, et cette malheureuse taulière, déplaît grandement à l’Espagne qui perd progressivement son influence sur ce pays qui fut pendant près de trois siècles une partie intégrante de son territoire, et dont la possession était un enjeu capital pour les monarques d’Ibérie puisque Naples garantissait une présence non-négligeable en Méditerranée, jusqu’alors cœur économique et commercial de l’Europe, ouvrant par ailleurs l’Orient à l’Espagne. Par conséquent, Charles III a décidé de tout mettre en œuvre afin que l’Espagne puisse retrouver toute son influence dans la péninsule italienne. En effet, plusieurs émissaires sont envoyés à Naples, chargés de présents à destination du couple royal mais également des grands et des courtisans, dans l’optique secrète d’en séduire le plus possible ; cela évidemment pour disposer de soutiens majeurs afin de conduire John Acton à la disgrâce, ce qui doit désormais être demandé par tous les membres du parti espagnol à la cour napolitaine. Officiellement, les diplomates espagnols doivent négocier un traité commercial tendant à restreindre les taxes entre les deux royaumes et à intensifier les relations économiques.

................Les récents évènements qui touchent les Pays-Bas autrichiens sont également regardés de très près par Madrid. En effet, ces territoires étaient jadis possédés par la couronne espagnole, jusqu’à ce que les traités d’Utrecht en 1713 et de Rastatt de 1714 vinrent les placer sous la souveraineté et suzeraineté des Habsbourg d’Autriche, une perte cruelle pour la monarchie catholique qui avait défendu corps et âme la foi chrétienne face aux hérétiques huguenots lors de la sanglante guerre de Quatre-Vingt Ans, et qui avait investi des sommes considérables pour le développement économique de la région, laquelle était désormais en plein essor. Ainsi, le gouvernement espagnol se satisfait évidemment des récents troubles qui touchent les Pays-Bas autrichiens, durement touchés par l’excès de centralisation de Joseph II, et il entend bien profiter de la situation pour regagner son influence dans le nord-ouest de l’Europe. Pour ce faire, plusieurs missives ont secrètement été adressées aux principaux notables des Pays-Bas, à commencer par le comte de Limminghe, mais également le cardinal-archevêque de Malines, Jean-Henri de Frankenberg – chef de file des contestataires du clergé face aux réformes anticléricales joséphiennes – ou encore l’avocat et homme politique Henri-Charles-Nicolas van der Noot de Vrechem – membre influent des Lignages de Bruxelles et opposant déclaré de Joseph II –, dans lesquelles il est fait mention d’un soutien officieux de la contestation belge face à la politique autrichienne. Bien que l’émetteur desdits parchemins ne soit pas indiqué, iceux indiquent que « L’Espagne appuiera inconditionnellement toute velléité belge de s’extraire de la ville et illégitime domination autrichienne », un autre passage rappelant les belges « au bon souvenir du temps où ils étaient justement gouvernés par le roi de Castille et d’autres terres, lequel était soucieux du bien commun et du bon développement des provinces catholiques. » Les lettres n’oublient évidemment pas de mentionner que l’actuel très catholique roi d’Espagne se conduit en « un monarque éclairé, conscient de la finalité de son devoir, soucieux des libertés naturelles accordées par Dieu à chacun et de la prospérité économique de tous, et pieux chrétien respectant l’Eglise et ses représentants. » Sans l’affirmer clairement et expressément, les missives sous-entendent effectivement que l’Espagne serait ravie de voir revenir dans son giron ces territoires perdus depuis plus de quatre-vingt ans, et leur accorderait de nombreuses libertés si tel était le cas. Les derniers partisans espagnols locaux sont également priés de soutenir ces mouvements anti-autrichiens.



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Message par Sirda le Mar 19 Juin 2018 - 23:24


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Affaires coloniales


................Le nouveau vice-roi de Nouvelle Espagne, l’amiral Manuel Antonio Flórez Maldonado, a procédé à de nombreuses réformes au sein de sa vice-royauté s’étendant du Guatemala jusqu’à la Californie. En effet, malgré la bonne santé de la colonie, certaines mesures doivent impérativement être prises pour améliorer l’administration des territoires et le rayonnement de l’Espagne dans la région. Ainsi, le vice-roi a annoncé l’institution d’une vingtaine d’intendances sur l’ensemble du territoire dont il a la charge, chacune géré par un intendant nommé par ses propres soins, qui reçoit délégation de nombreux pouvoirs et représente le vice-roi dans les territoires susmentionnés. Les intendants disposent donc de trois grandes séries de pouvoirs. D’abord, ils surveillent les tribunaux – par ailleurs réorganisés avec d’une part des tribunaux pour les colons et d’autre part pour les indigènes –, s’assurent de l’efficacité et de l’impartialité des officiers de justice, peuvent user d’un droit d’évocation, rendre personnellement la justice, etc. Ensuite, les intendants ont un pouvoir de police générale. A ce titre, ils sont chargés du maintien de l’ordre, commandent la maréchaussée, surveillent l’opinion publique, sont chargés du ravitaillement et des étapes des troupes, pourvoient aux fournitures militaires, etc. Ils gèrent aussi les établissements scolaires, et notamment les nouvelles écoles créées par le vice-roi pour les indigènes. Enfin, les intendants ont un rôle dans les finances, en répartissant les impôts, contrôlant les droits domaniaux, exercent des tutelles financières, etc. Ce dernier rôle inclut aussi un rôle économique car ils doivent chercher à améliorer l’agriculture en introduisant de nouvelles plantes, favorisant les progrès de l’élevage, créer des manufactures, entretenir le réseau routier, etc. Le vice-roi se chargera quant à lui d’inspecter régulièrement les intendances afin de vérifier de la bonne tenue de celles-ci. Par ailleurs, Manuel Antonio Flórez Maldonado entend fermement lutter contre la prévarication et la corruption de l’administration grâce à ces nouveaux intendants qui devront lui faire remonter tout cas suspect, le vice-roi se chargeant lui-même de lourdement condamner les contrevenants, d’autant plus que la population se doit dorénavant de dénoncer tout abus de pouvoir auprès des intendants ou du vice-roi. Par ailleurs, le vice-roi a également ordonné l’établissement des plans des principales villes de sa généralité ainsi que la mise en place de systèmes de drainage dans chacune d’entre elles pour améliorer leur salubrité. De même, concernant Mexico, il interdit à la population de jeter des ordures dans les rues et fait enlever les animaux errants de ces dernières et ordonne qu'aucun édifice ne soit construit sans autorisation.

................Parallèlement, le vice-roi de Nouvelle Espagne a lancé deux expéditions majeures. En effet, après avoir reçu en audience les représentants de la Companyia Franca de Voluntaris de Catalunya, société privée catalane particulièrement active ces dernières décennies dans les missions d’exploration en Amérique du Nord, l’amiral a autorisé une flotte de plusieurs navires à remonter la Californie pour atteindre le Canada puis l’Alaska et implanter plusieurs fortifications devant servir de bases pour des colonisations futures. Ainsi, le lieutenant Esteban José Martínez Fernández y Martínez de la Sierra est chargé de mener l’expédition, composée de trois frégates et partant de San Blas, pour établir des forts le long des côtes jusqu’au 49ème parallèle, le dernier fortin devant être construit sur l’île de Vancouver, à l’emplacement de l’actuelle ville de Victoria – nommée Isabel. En effet, le vice-roi de la Nouvelle-Espagne entend s’arrêter audit parallèle, les zones au-delà étant convoitées par Londres. Une fois la limite atteinte, un seul navire continuera l’exploration, notamment avec les botanistes et naturalistes Vicente Cervantes, Martin de Sessé y Lacasta, José Mariano Mociño, qui ont pour mission d’étudier la faune et la flore locale, d’en ramener des échantillons, des animaux, etc., afin d’être étudiés dans le département botanique de l’université San Carlos de Mexico. Au fur et à mesure que les navires explorent et montent des fortins – à la place des actuels Port Orford, Coos Bay, Florence, Astoria, Forks – sur les côtes de l’Oregon et de Washington, deux régiments de 2'500 hommes chacun devront progressivement s’emparer des territoires, le plus pacifiquement possible. De même, un millier de colons devrait accompagner l’expédition terrestre pour s’implanter dans les quelques fortins côtiers, avant de s’installer plus en profondeur dans les terres. D’autre part, le vice-roi a également créé la Compagnie des Indes orientales, à laquelle il a confié le monopole de la gestion du commerce en Asie, afin de développer la colonie des Philippines, plutôt délaissée aux mains de l’Eglise par la monarchie catholique. Profitant de la richesse et de l’influence de celle-ci dans ces contrées, Manuel Antonio Flórez Maldonado a ordonné à ladite nouvelle compagnie, largement financée par les paroisses locales, de négocier avec le sultan de Johor la cession de l’île de Singapour et des terres alentours, cela afin de contrebalancer le pouvoir des néerlandais – chose que l’un des précédents souverains avait proposé aux britanniques sans succès. Pour cela, deux navires de ligne et quatre frégates sont affrétés, ainsi qu’une troupe armée de trois-cents soldats. Quelques offrandes sont prévues, telles que des soieries, des bijoux en or d’Amérique, etc.



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Message par Sirda le Jeu 21 Juin 2018 - 14:00


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« Imperio en el que nunca se pone el sol »




Affaires générales


................Au cours du XVIIIème siècle, et notamment avec le séisme du 1er novembre 1755 de Lisbonne, le commerce a eu tendance à se déplacer assez rapidement de l’espace méditerranéen vers la Mer du Nord, un phénomène qui puise évidemment ses racines plus profondément dans l’Histoire, expliquant pour partie le déclin d’anciennes cités marchandes à l’instar de Gênes, Pise ou Venise, et également lié à l’émergence des empires coloniaux anglais et néerlandais, qui captent de plus en plus les échanges internationaux avec les Indes orientales, les occidentales apparaissant de plus en plus comme dépassées, même si le commerce avec les Amériques reste très important dans l’économie européenne. Toutefois, ce même espace méditerranéen reste une région assez riche et répondant à une autre logique marchande. En effet, si désormais, l’Europe du nord accueille pour grande partie des navires transportant des produits exotiques tels que des épices, de la soie & co., ce sont souvent des matières brutes, premières, tandis que le pourtour méditerranéen, du fait de son niveau de vie plus élevé, est plus friand de produits manufacturés. Or, l’Espagne connaît un certain retard dans son industrialisation, phénomène qui reste cependant très récent, certes, principalement restreint à l’Angleterre, mais également à la Wallonie. Ainsi, en cette fin de XVIIIème siècle, l’ennemi anglais a déjà inventé la machine a vapeur ainsi que la mule-jenny, machine à tisser rendant obsolète les techniques traditionnelles. La monarchie ibérique, si elle souhaite conserver sa place commerciale dans le monde, doit nécessairement emboîter le pas de l’Angleterre et profiter de ses nombreuses ressources naturelles et économiques pour tenter de rattraper son retard. En effet, la région des Asturies possède de bonnes réserves de charbon, suffisantes pour promouvoir un début d’industrie dans la région ainsi qu’aider le développement proto-industriel d’autres régions. A cet effet, le roi a annoncé la création de la Compagnie royale des mines de charbon, la Compañía Real de minas de hulla, financée pour partie par l’Etat mais également par la noblesse et la bourgeoisie locale afin d’extraire ce minerai des sous-sols asturiens, mais également d’autres régions de l’Espagne. De la même manière, l’on sait depuis une quarantaine d’années que certaines régions américaines regorgent de charbon, la Virginie en exploitant depuis plusieurs décennies désormais. Ainsi, le vice-roi de Nouvelle-Espagne a constitué la Compañía de minas de hulla de Nueva España. Celle-ci est chargée de mener pour l’instant des prospections dans différentes zones du territoire, notamment les régions proches des nouveaux Etats-Unis, à l’instar de la Floride, de la Louisiane ou du Texas.

................Outre les Asturies, deux régions sont principalement ciblées par Charles III pour être les têtes de pont d’un début d’industrialisation en Espagne ibérique. D’une part, il y a la Catalogne – et plus largement l’ancienne couronne d’Aragon. En effet, cette province est déjà touchée par un phénomène important d’apparition d’une classe bourgeoise plutôt importante, notamment à Barcelone et dans les grandes villes portuaires, avec de surcroît la présence de nombreux banquiers qui permettent des investissements rapides. Ainsi, à Barcelone et à Valence, plusieurs manufactures royales, co-financées par de riches nobles ou bourgeois, sont créées dans différents domaines, notamment le textile ainsi que la sidérurgie, qui prend son essor dans différents pays, cela en s’inspirant notamment de ce qui a cours en Angleterre. En plus de ces quelques usines, le gouvernement royal relance le projet du Canal Impérial d’Aragon, censé relier la Navarre à la Méditerranée grâce au fleuve d’Ebre, qui passe notamment par Saragosse. Ainsi, les principales villes d’Aragon vont être connectées à cette vaste mer intérieure, ce canal présentant deux intérêts que sont l’irrigation – permettant ainsi d’améliorer considérablement l’agriculture dans la région, laquelle est à la base de toute économie selon les théories des physiocrates – ainsi que la possibilité de transporter plus rapidement des marchandises puisque tant le canal que le fleuve sont navigables. Ainsi, les terres jusqu’alors sèches qui bordent le canal et le fleuve vont pouvoir être cultivées au lieu d’être utilisées comme des pâturages, et elles sont distribuées aux paysans et journaliers locaux. Par ailleurs, la Casa de Ganaderos de Zaragoza, grande corporation du bétail dans l’Aragon, est dissoute, permettant de libéraliser l’exercice de différentes professions agricoles dans la région. D’autre part, c’est la région de Cadix qui est ciblée par le gouvernement. En effet, le séisme de Lisbonne lui a fait perdre une partie non-négligeable de son attrait d’antan, bien qu’elle reste une cité grandement prospère, cela parce qu’elle possède encore son monopole pour l’importation de marchandises en provenance des Indes occidentales et orientales. Ainsi, le gouvernement investit massivement dans les infrastructures portuaires pour les améliorer et les rendre plus aptes à accueillir les marchandises, et met par ailleurs fin aux taxes entre l’Espagne et ses possessions ultramarines pour accroître le commerce. Pareillement, plusieurs manufactures sont ouvertes à Cadix mais aussi à Séville, où une fabrique de canons, une manufacture de tabac et des manufactures de textile sont ouvertes. De même, le fleuve Guadalquivir est désensablé et dragué pour permettre à nouveau le transport de denrées.


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Sirda
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